Sole Proprietorship, auto-entreprise, micro-entreprise, entreprise individuelle⊠les mots changent, mais lâidĂ©e reste la mĂȘme : une personne, un business, une fiscalitĂ© directe. Aux Ătats-Unis, cette forme dâactivitĂ© est encore plus rĂ©pandue quâen France. Elle sĂ©duit parce quâelle permet de dĂ©marrer vite, presque sans paperasse, avec un coĂ»t dâentrĂ©e trĂšs bas. Pourtant, pour un Français qui veut entreprendre outre-Atlantique, ce statut peut aussi devenir un piĂšge sâil est mal compris : responsabilitĂ© illimitĂ©e, environnement juridique procĂ©durier, fiscalitĂ© Ă©clatĂ©e entre Ătat fĂ©dĂ©ral, Ătats et parfois villes.
Ce contenu a un objectif clair : traduire le sole proprietorship en langage français dâentrepreneur. Comment ça fonctionne, qui peut lâutiliser, comment le crĂ©er depuis la France, quelles diffĂ©rences avec une LLC ou une corporation, quelles consĂ©quences fiscales concrĂštes pour un rĂ©sident français ? LâidĂ©e nâest pas de vendre du rĂȘve amĂ©ricain, mais de donner suffisamment de repĂšres pour dĂ©cider lucidement : utiliser ce statut comme tremplin, ou directement structurer autrement son business amĂ©ricain. Le tout avec des exemples rĂ©els, des cas de figure typiques et des liens vers des ressources fiables pour creuser les points fiscaux les plus sensibles.
En bref :
- Sole proprietorship = lâĂ©quivalent amĂ©ricain de lâauto-entreprise : activitĂ© exercĂ©e en nom propre, sans personne morale distincte.
- Statut extrĂȘmement simple Ă lancer, peu coĂ»teux, mais avec une responsabilitĂ© illimitĂ©e sur le patrimoine personnel.
- FiscalitĂ© dite âtransparenteâ : les bĂ©nĂ©fices remontent directement dans la dĂ©claration dâimpĂŽt du propriĂ©taire.
- Pour un Français, ce statut doit ĂȘtre analysĂ© avec les conventions fiscales FranceâUSA et la question de la rĂ©sidence fiscale.
- Dans beaucoup de cas, une LLC américaine offre un meilleur équilibre entre simplicité et protection.
Sole Proprietorship aux Ătats-Unis : dĂ©finition, principes et rĂ©alitĂ© du terrain
Le sole proprietorship est la forme dâactivitĂ© la plus simple qui existe dans le droit amĂ©ricain. ConcrĂštement, il ne sâagit mĂȘme pas dâune âsociĂ©tĂ©â au sens juridique : il nây a pas de personne morale créée. Lâentrepreneur et le business ne font quâun. Les contrats, les dettes, les bĂ©nĂ©fices, tout est directement rattachĂ© au propriĂ©taire. Dâun point de vue français, câest lâĂ©quivalent le plus proche de lâentreprise individuelle ou de la micro-entreprise.
Cette simplicitĂ© explique pourquoi des millions dâAmĂ©ricains utilisent ce statut pour des activitĂ©s trĂšs variĂ©es : freelance tech, consultant, petit commerce local, artisan, chauffeur VTC, coach, crĂ©ateur de contenu⊠Pour lancer un business de test, facturer un premier client ou dĂ©marrer une activitĂ© complĂ©mentaire, câest souvent le rĂ©flexe automatique. Pas de capital Ă dĂ©poser, pas de statuts Ă rĂ©diger, pas dâassemblĂ©e gĂ©nĂ©rale : juste une activitĂ© qui dĂ©marre, parfois avec un simple formulaire local âdoing business asâ (DBA) si le nom commercial est diffĂ©rent du nom de famille.
CĂŽtĂ© responsabilitĂ©, câest une autre histoire. Lâentrepreneur est responsable personnellement et sans limite de toutes les obligations nĂ©es de son activitĂ©. Si le business a une dette, câest lui qui la porte. Sâil y a un litige client qui part au tribunal, son patrimoine privĂ© peut ĂȘtre visĂ©. Or, aux Ătats-Unis, le recours aux tribunaux est courant : assurance, fournisseur, client mĂ©content, voisinage⊠Les procĂ©dures peuvent devenir longues et coĂ»teuses. Ce point change complĂštement la perception du risque par rapport Ă la micro-entreprise française.
Fiscalement, le modĂšle est logique : il nây a pas dâimpĂŽt au niveau de lâentreprise. Le bĂ©nĂ©fice est calculĂ© (recettes â dĂ©penses professionnelles) puis intĂ©grĂ© dans la dĂ©claration dâimpĂŽt de lâentrepreneur au niveau fĂ©dĂ©ral, et Ă©ventuellement au niveau de lâĂtat et de la ville. Dans certains Ătats comme la Floride ou le Texas, il nây a pas dâimpĂŽt sur le revenu au niveau local, alors que dâautres comme New York ajoutent une couche fiscale significative. Pour visualiser ces Ă©carts, un outil comme le comparatif de taux dâimposition FranceâUSA aide Ă mesurer lâimpact sur la marge nette.
Le quotidien dâune sole proprietorship reste toutefois trĂšs lĂ©ger cĂŽtĂ© administratif. La comptabilitĂ© peut se limiter Ă un suivi rigoureux des recettes, des dĂ©penses et des justificatifs, surtout pour un indĂ©pendant en prestation de services. Ce registre sert ensuite Ă remplir les formulaires fiscaux appropriĂ©s. Lâentrepreneur peut prĂ©voir une couverture santĂ© et des solutions de retraite via des produits spĂ©cifiques, sans ĂȘtre salariĂ© de sa propre structure. Pour un projet modeste ou une phase de test, câest souvent amplement suffisant.
Un exemple concret parle mieux que la thĂ©orie. Imaginons âNicolasâ, dĂ©veloppeur français rĂ©sident Ă Miami avec un visa adaptĂ©, qui commence Ă facturer des missions freelance Ă des clients amĂ©ricains. Pour ses premiers 50 000 dollars de chiffre dâaffaires, ouvrir une corporation serait excessif. En sole proprietorship, il facture sous son nom ou avec un nom commercial enregistrĂ©, dĂ©clare ses bĂ©nĂ©fices dans sa dĂ©claration personnelle, garde un suivi simple et voit rapidement si son modĂšle tient la route. Une fois la clientĂšle stabilisĂ©e et les risques identifiĂ©s, il pourra basculer vers une LLC pour entrepreneurs offrant une protection sĂ©rieuse.
La clĂ© Ă retenir sur ce statut : câest un outil ultra-simple pour dĂ©marrer et apprendre le marchĂ© amĂ©ricain, mais il doit ĂȘtre utilisĂ© avec luciditĂ© sur le risque juridique et la fiscalitĂ© multi-niveaux.

Créer une Sole Proprietorship quand on est Français : démarches, numéros, licences
Pour un Français qui regarde les Ătats-Unis depuis Paris, Lyon ou MontrĂ©al, une question revient vite : âEst-ce que ce statut est accessible Ă un non-rĂ©sident ?â. La rĂ©ponse est nuancĂ©e. Le droit des sociĂ©tĂ©s est majoritairement gĂ©rĂ© par chaque Ătat amĂ©ricain. Lâimmigration, elle, est fĂ©dĂ©rale. Il est donc possible, en pratique, de crĂ©er une activitĂ© aux USA sans visa, mais cela ne donne pas le droit dây travailler physiquement, dây rester au-delĂ des durĂ©es autorisĂ©es, ni dây percevoir des revenus personnellement sans cadre lĂ©gal clair.
Le premier rĂ©flexe consiste Ă clarifier sa rĂ©sidence fiscale. Tant que lâentrepreneur reste rĂ©sident en France au sens fiscal, ses revenus mondiaux â y compris ceux dâune sole proprietorship amĂ©ricaine â doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s en France. La convention fiscale FranceâUSA Ă©vite la double imposition pure, mais elle ne supprime pas les obligations de dĂ©claration. Un outil comme le simulateur de fiscalitĂ© FranceâUSA permet de visualiser lâimpact dâun revenu amĂ©ricain sur lâimpĂŽt global et dâanticiper les marges rĂ©elles.
Sur le terrain, créer une sole proprietorship passe généralement par quelques étapes simples, mais à respecter dans le bon ordre :
- Choisir lâĂtat oĂč lâactivitĂ© sera considĂ©rĂ©e comme exercĂ©e (lieu des clients, prĂ©sence Ă©ventuelle sur place, logistique).
- VĂ©rifier les licences locales nĂ©cessaires : licence commerciale de la ville, permis dâoccupation, autorisations sectorielles (restauration, santĂ©, Ă©ducation, etc.).
- Enregistrer un DBA (âdoing business asâ) si le business nâutilise pas le nom civil de lâentrepreneur.
- Demander un EIN (Employer Identification Number) auprĂšs de lâIRS, souvent indispensable pour la fiscalitĂ© et le compte bancaire.
- Obtenir les numĂ©ros fiscaux locaux pour la collecte de la sales tax si lâactivitĂ© vend des biens ou des services taxables dans cet Ătat.
Pour un rĂ©sident français qui opĂšre Ă distance (consulting, digital, infoproduits), lâun des points sensibles est lâouverture dâun compte bancaire amĂ©ricain. Les banques et les fintechs se montrent de plus en plus regardantes sur la prĂ©sence locale, lâadresse physique et le statut de rĂ©sidence. Dans certains cas, la simple sole proprietorship Ă distance devient compliquĂ©e Ă bancariser, et une structure comme une entreprise amĂ©ricaine plus classique (LLC ou corporation) rend les choses plus fluides.
Autre paramĂštre : lâactivitĂ© exercĂ©e. Pour des secteurs comme lâagriculture, la pĂȘche, les services financiers ou la santĂ©, des licences fĂ©dĂ©rales ou des rĂ©gulations spĂ©cifiques peuvent sâajouter. MĂȘme pour un business de e-commerce, il faut se pencher sur la gestion des frais de douane entre USA et France dĂšs que la marchandise circule entre les deux pays. Une sole proprietorship peut tout Ă fait gĂ©rer ce type dâactivitĂ©, mais lâentrepreneur doit intĂ©grer ces surcoĂ»ts dans ses prix et dans son business plan.
Dans la pratique, beaucoup de crĂ©ateurs francophones se font accompagner au minimum par un CPA (expert-comptable amĂ©ricain) ou un avocat local pour cadrer la crĂ©ation, surtout dans des Ătats Ă forte pression rĂ©glementaire comme la Californie ou New York. Lâinvestissement initial reste raisonnable comparĂ© au coĂ»t potentiel dâune non-conformitĂ© fiscale ou dâun litige.
Au final, la crĂ©ation dâune sole proprietorship nâest pas techniquement difficile, mais le vrai sujet pour un Français, câest la cohĂ©rence entre ce statut, son lieu de vie, sa rĂ©sidence fiscale, ses objectifs de dĂ©veloppement et sa stratĂ©gie de prĂ©sence physique ou non aux Ătats-Unis.
FiscalitĂ© dâune Sole Proprietorship : impĂŽts amĂ©ricains, France et risque de double dĂ©claration
DĂšs que lâon parle de business transfrontalier, la fiscalitĂ© devient le nerf de la guerre. Pour une sole proprietorship amĂ©ricaine, lâimpĂŽt se calcule dâabord cĂŽtĂ© US. Le propriĂ©taire dĂ©clare le bĂ©nĂ©fice net (recettes â dĂ©penses admissibles) sur sa dĂ©claration personnelle. Selon lâĂtat, il subira uniquement lâimpĂŽt fĂ©dĂ©ral, ou un mix entre impĂŽt fĂ©dĂ©ral, impĂŽt dâĂtat et parfois impĂŽt de ville. Les taux progressifs peuvent monter vite, surtout dans les Ătats chers.
Ă cela sâajoutent les self-employment taxes, lâĂ©quivalent amĂ©ricain des charges sociales pour les indĂ©pendants, calculĂ©es sur une grande partie du bĂ©nĂ©fice. Beaucoup dâentrepreneurs sous-estiment ce poids. LĂ oĂč une fiscalitĂ© de sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine permet parfois dâoptimiser la rĂ©partition entre salaire, dividendes, rĂ©investissement, la sole proprietorship concentre tout sur la personne, sans grande marge de manĆuvre.
Pour un Français, lâĂ©tape suivante consiste Ă regarder comment ces revenus sont traitĂ©s par lâadministration fiscale française. Si lâentrepreneur reste rĂ©sident fiscal en France, il doit dĂ©clarer ses revenus mondiaux, y compris ceux issus de la sole proprietorship. La convention fiscale entre les deux pays Ă©vite dâĂȘtre imposĂ© deux fois sur la mĂȘme tranche de revenus, mais elle peut entraĂźner des mĂ©canismes complexes de crĂ©dit dâimpĂŽt et de plafonnement. DâoĂč lâintĂ©rĂȘt de comparer les rĂšgles de rĂ©sidence fiscale FranceâUS avant de prendre des engagements lourds.
Voici un tableau simplifié pour visualiser la différence de logique entre sole proprietorship, LLC et C Corporation pour un entrepreneur individuel :
| Structure | Niveau dâimposition | ResponsabilitĂ© | ComplexitĂ© administrative |
|---|---|---|---|
| Sole Proprietorship | ImpÎt sur le revenu du propriétaire + self-employment tax | Illimitée sur les biens personnels | TrÚs faible (suivi recettes/dépenses, licences locales) |
| LLC (single-member, fiscalitĂ© transparente) | BĂ©nĂ©fice imposĂ© chez le propriĂ©taire, souple selon lâoption fiscale | LimitĂ©e aux apports (protection patrimoniale) | Moyenne (statuts, operating agreement, rapports selon lâĂtat) |
| C Corporation | ImpĂŽt sociĂ©tĂ© + impĂŽt sur les dividendes (double imposition) | LimitĂ©e aux apports | ĂlevĂ©e (assemblĂ©es, governance, reporting) |
Ce tableau montre bien que le statut dâentrepreneur individuel amĂ©ricain mise tout sur la simplicitĂ© immĂ©diate, au prix de concessions majeures sur la protection et sur la finesse de la stratĂ©gie fiscale. Une ressource comme le comparateur de taux dâimposition FranceâUSA permet dâaller plus loin dans les calculs pour un projet concret.
Prenons un cas pratique. âSophieâ vit en France et vend des prestations de design pour des clients amĂ©ricains, en utilisant une sole proprietorship immatriculĂ©e dans un Ătat sans impĂŽt local sur le revenu. Elle paye donc lâimpĂŽt fĂ©dĂ©ral amĂ©ricain sur son bĂ©nĂ©fice et les self-employment taxes. Puis, en France, elle dĂ©clare ses revenus USA, applique les mĂ©canismes de la convention fiscale et obtient un crĂ©dit dâimpĂŽt. RĂ©sultat : son taux global peut rester plus Ă©levĂ© que prĂ©vu si elle ne planifie pas prĂ©cisĂ©ment ses charges dĂ©ductibles et la rĂ©partition de son activitĂ© entre France et Ătats-Unis.
Ă partir dâun certain niveau de revenu et de complexitĂ©, migrer vers une LLC avec options fiscales adaptĂ©es permet souvent dâallĂ©ger la note sur plusieurs annĂ©es, tout en offrant une protection patrimoniale. La sole proprietorship devient alors une phase transitoire : utile pour se lancer, Ă Ă©viter pour scaler.
LâidĂ©e centrale Ă garder en tĂȘte : la fiscalitĂ© dâune sole proprietorship est simple sur le papier, mais le croisement FranceâUSA impose tĂŽt ou tard lâappui dâun fiscaliste qui connaĂźt vraiment les deux systĂšmes.
Comparaison Sole Proprietorship, LLC et Corporation : quel statut pour quel projet ?
Face Ă la diversitĂ© des statuts amĂ©ricains, le rĂ©flexe frĂ©quent est de choisir âcomme tout le mondeâ : sole proprietorship par habitude, ou Delaware LLC parce que câest ce qui circule sur les forums. Pourtant, chaque structure correspond Ă une combinaison prĂ©cise de trois critĂšres : risque juridique, objectifs de croissance et stratĂ©gie fiscale. Sans rĂ©flexion sĂ©rieuse sur ces axes, le risque est de devoir tout reconstruire au moment oĂč le business commence enfin Ă fonctionner.
Le sole proprietorship sâadresse surtout Ă des activitĂ©s personnelles, peu risquĂ©es juridiquement, avec un chiffre dâaffaires modeste et un horizon court ou incertain. Exemple : tests de marchĂ©, missions freelance, coaching Ă distance, petits services digitaux. Pour un commerce physique (restaurant, boutique, salon de beautĂ©) ou une activitĂ© avec exposition au public, lâabsence de sĂ©paration entre patrimoine privĂ© et professionnel devient trĂšs vite inconfortable, voire dangereuse.
La LLC vient alors naturellement sur la table. Câest une entitĂ© Ă responsabilitĂ© limitĂ©e, avec une grande flexibilitĂ© en termes de gouvernance et de fiscalitĂ©. Elle peut ĂȘtre transparente fiscalement (comme une sole proprietorship) ou imposĂ©e comme une corporation, selon les options choisies. Les LLC pour entrepreneurs sont particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©es des crĂ©ateurs de SaaS, des agences, des e-commerçants et des consultants, car elles protĂšgent le patrimoine personnel tout en restant relativement souples Ă gĂ©rer.
La C Corporation, elle, est taillĂ©e pour des projets Ă forte ambition de levĂ©e de fonds, dâentrĂ©e en Bourse ou dâaccueil dâinvestisseurs institutionnels. Ce nâest pas lâoutil le plus adaptĂ© pour un indĂ©pendant qui veut simplement facturer des prestations. Les obligations de gouvernance, de comptabilitĂ© et de reporting sont nettement plus lourdes. En contrepartie, câest le format chouchou des fonds de venture capital amĂ©ricains et des programmes dâaccĂ©lĂ©ration tech.
Pour y voir plus clair, un entrepreneur francophone peut se poser une série de questions simples :
- Le risque juridique est-il élevé (public, produits physiques, litige probable, secteur sensible) ?
- Des investisseurs externes vont-ils entrer au capital dans les 2 Ă 3 ans ?
- Lâobjectif est-il de rester indĂ©pendant et rentable, ou de viser une croissance explosive avec financement extĂ©rieur ?
- La priorité est-elle la protection du patrimoine personnel ou le démarrage au moindre coût possible ?
Pour les activités innovantes, tech ou scalables, il est pertinent de regarder comment fonctionnent les entreprises innovantes aux USA. Dans la quasi-totalité des cas, elles évitent le sole proprietorship trÚs vite et basculent sur des structures plus adaptées à la levée de fonds, souvent via des LLC ou des corporations au Delaware.
Ă lâinverse, un photographe freelance installĂ© Ă Austin, un copywriter Ă distance ou un coach sportif en ligne peuvent trĂšs bien dĂ©marrer en sole proprietorship, le temps de vĂ©rifier que le modĂšle dĂ©gage une marge solide. DĂšs que le revenu devient stable, la conversation avec un CPA sur le passage en LLC prend tout son sens : meilleure gestion fiscale, protection patrimoniale, crĂ©dibilitĂ© accrue vis-Ă -vis des partenaires et des banques.
Lâenseignement Ă tirer : le statut dâentrepreneur individuel amĂ©ricain est un point de dĂ©part, pas une prison. Lâimportant est de prĂ©voir une trajectoire rĂ©aliste : dĂ©part simple, montĂ©e en protection et en structuration au fur et Ă mesure que le business se confirme.
Visas, travail sur place et limites pratiques du Sole Proprietorship pour les Français
Dernier sujet, et pas des moindres : le lien entre statut juridique et immigration. Beaucoup dâentrepreneurs francophones imaginent quâen crĂ©ant une activitĂ© aux Ătats-Unis, ils obtiendront automatiquement un droit au sĂ©jour ou Ă la prĂ©sence prolongĂ©e sur place. Ce nâest pas le cas. Le droit des sociĂ©tĂ©s est Ă©tatique, lâimmigration est fĂ©dĂ©rale. CrĂ©er une sole proprietorship ou une LLC ne donne pas un visa.
Les principaux visas âbusinessâ utilisĂ©s par les Français restent les visas E-1 (commerce) et E-2 (investisseur). Le premier vise les Ă©changes commerciaux significatifs entre la France et les Ătats-Unis, avec un volume de transactions important et rĂ©gulier. Le second est construit autour dâun investissement âsubstantielâ dans une entreprise amĂ©ricaine dont au moins 50 % des parts sont dĂ©tenues par des ressortissants français. Dans ces configurations, il est rare que la structure choisie soit une simple sole proprietorship ; les autoritĂ©s prĂ©fĂšrent des entitĂ©s organisĂ©es (LLC ou corporation) avec des comptes clairs, un business plan solide et des emplois potentiels Ă la clĂ©.
Sans visa appropriĂ©, un Français peut juridiquement crĂ©er une structure aux Ătats-Unis, mais il ne peut pas librement y travailler, ni percevoir un salaire sur place, ni embaucher. Beaucoup se contentent alors dâopĂ©rer depuis la France ou un autre pays, avec une prĂ©sence limitĂ©e aux Ătats-Unis (sĂ©jours courts, ESTA, rendez-vous ponctuels). Dans ce contexte, la sole proprietorship perd une partie de son intĂ©rĂȘt, au profit de structures optimisĂ©es pour un pilotage Ă distance.
Pour un projet sérieux, il est donc recommandé de traiter en parallÚle trois chantiers :
- Choix du statut juridique (Sole Proprietorship, LLC, corporation) adapté au modÚle économique.
- StratĂ©gie de rĂ©sidence fiscale et dâimposition globale (en sâappuyant sur des ressources comme le simulateur FranceâUSA).
- Stratégie de visa ou de mobilité, en lien avec un avocat spécialisé en immigration.
La Small Business Administration (SBA) joue un rĂŽle clĂ© pour les rĂ©sidents dĂ©jĂ sur place, avec des ressources gratuites sur la gestion, la planification et lâaccĂšs Ă certains financements. Pour un Français Ă distance, les ressources en ligne de lâambassade des Ătats-Unis, les retours dâexpĂ©rience dâautres entrepreneurs et un accompagnement juridique local forment un trio indispensable.
En rĂ©sumĂ©, le sole proprietorship est un levier utile pour dĂ©marrer vite dans un cadre simple. Mais pour un entrepreneur francophone, il doit sâinscrire dans une vision plus large : fiscalitĂ© bilatĂ©rale, mobilitĂ©, sĂ©curisation du patrimoine et Ă©volution future vers des structures plus robustes comme la LLC ou la corporation.
Une sole proprietorship amĂ©ricaine est-elle vraiment lâĂ©quivalent de lâauto-entreprise en France ?
Les deux statuts se ressemblent par leur simplicitĂ© et le fait que lâactivitĂ© soit exercĂ©e en nom propre, sans personne morale distincte. Cependant, la sole proprietorship expose le patrimoine personnel de façon illimitĂ©e dans un environnement trĂšs procĂ©durier, alors que le rĂ©gime français est encadrĂ© diffĂ©remment et sâinscrit dans un systĂšme social et fiscal distinct. Il faut donc voir la sole proprietorship comme un cousin de lâauto-entreprise, pas un clone parfait.
Un Français rĂ©sidant en France peut-il crĂ©er une sole proprietorship aux Ătats-Unis ?
Sur le plan juridique, certains Ătats permettent Ă un non-rĂ©sident de crĂ©er une activitĂ© individuelle ou une structure assimilĂ©e, mais les obstacles pratiques sont nombreux : obtention dâun EIN, ouverture de compte bancaire, gestion fiscale et conformitĂ© locale. Par ailleurs, cela nâaccorde aucun droit de sĂ©jour ou de travail sur le territoire amĂ©ricain. Il est souvent plus pertinent dâopter pour une LLC ou une autre structure mieux acceptĂ©e par les banques et les partenaires, tout en traitant la question fiscale FranceâUSA avec un expert.
Quand faut-il basculer dâune sole proprietorship Ă une LLC ?
Le changement devient pertinent dĂšs que le chiffre dâaffaires se stabilise, que les montants en jeu augmentent ou que le risque juridique grandit (clients plus nombreux, contrats plus complexes, produits physiques, litiges possibles). La LLC offre une responsabilitĂ© limitĂ©e, une meilleure image vis-Ă -vis des clients et banques, et des options fiscales plus souples. Câest souvent Ă partir de quelques dizaines de milliers de dollars de bĂ©nĂ©fice annuel que la question doit ĂȘtre posĂ©e sĂ©rieusement avec un CPA.
Créer une sole proprietorship donne-t-il droit à un visa américain ?
Non. La crĂ©ation dâune activity sole proprietorship, dâune LLC ou dâune corporation nâaccorde en soi aucun statut migratoire. Les visas E-1 ou E-2 reposent sur des critĂšres de commerce ou dâinvestissement, ainsi que sur la structure de lâentreprise et son impact Ă©conomique. Il faut donc traiter sĂ©parĂ©ment la dimension immigration, avec un avocat spĂ©cialisĂ©, et ne pas confondre âavoir une sociĂ©tĂ©â avec âavoir le droit de travailler ou vivre aux Ătats-Unisâ.
La sole proprietorship est-elle adaptée à un projet innovant ou tech avec levée de fonds ?
Non, ce nâest gĂ©nĂ©ralement pas la bonne structure. Les investisseurs prĂ©fĂšrent les LLC ou les corporations (souvent des C Corp au Delaware) pour des raisons de gouvernance, de rĂ©partition du capital et de fiscalitĂ©. La sole proprietorship peut servir de tremplin pour tester un prototype ou quelques premiers clients, mais doit ĂȘtre remplacĂ©e rapidement si lâobjectif est dâattirer des investisseurs ou dâentrer dans des programmes dâaccĂ©lĂ©ration amĂ©ricains.


