LLC société : comprendre son fonctionnement et ses avantages aux USA

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Créer une LLC société aux États-Unis est devenu un réflexe pour de nombreux entrepreneurs francophones : freelances, e-commerçants, infopreneurs, investisseurs immobiliers ou créateurs SaaS. Cette structure séduit parce qu’elle combine protection du patrimoine personnel, fiscalité modulable et accès direct au marché américain, sans avoir besoin d’y vivre. Pourtant, derrière les promesses de “LLC en 5 minutes”, il y a une réalité plus subtile : un cadre juridique précis, des règles fiscales à respecter et des choix structurants qui peuvent faire gagner – ou perdre – beaucoup d’argent.

Comprendre comment fonctionne une LLC, ce n’est pas du luxe, c’est une assurance. Une assurance contre les montages bancals, les déclarations oubliées, les comptes bancaires refusés ou les mauvaises surprises de l’IRS. Une LLC bien structurée, dans le bon État, avec les bons réflexes fiscaux, devient un levier puissant pour développer un business international, tester un marché américain, ou préparer une stratégie d’investissement aux États-Unis. L’objectif n’est pas de “tricher avec les impôts”, mais de tirer parti intelligemment des règles existantes, en restant dans les clous.

Ce contenu décortique les points clés : définition concrète d’une LLC, cas d’usage pour un entrepreneur non-résident, choix d’État (Wyoming, Delaware, Nouveau-Mexique…), feuille de route de création, fiscalité réelle (et non fantasmée), ainsi que les erreurs classiques qui coûtent cher. Le tout avec une priorité : permettre à chaque lecteur de savoir si la LLC est adaptée à son projet, comment la mettre en place proprement, et quelles obligations ne jamais négliger pour rester serein sur la durée.

En bref :

  • La LLC amĂ©ricaine est une structure hybride qui protège le patrimoine personnel tout en restant flexible sur le plan fiscal.
  • Pour un non-rĂ©sident, il est possible de crĂ©er et gĂ©rer une LLC sociĂ©tĂ© aux USA entièrement Ă  distance, sans visa ni prĂ©sence physique.
  • Dans certains cas prĂ©cis, une LLC dĂ©tenue par des non-rĂ©sidents et sans revenus d’origine amĂ©ricaine peut aboutir Ă  0 % d’impĂ´t aux USA, avec imposition uniquement dans le pays de rĂ©sidence.
  • Le choix de l’État (Wyoming, Nouveau-Mexique, Delaware…) influe sur les coĂ»ts, la confidentialitĂ© et la perception de votre structure.
  • Les obligations dĂ©claratives (IRS, FinCEN, rapports annuels) sont incontournables : les ignorer peut entraĂ®ner des amendes lourdes, mĂŞme sans chiffre d’affaires.
  • Avant d’ouvrir une LLC, il est pertinent d’étudier la dynamique de l’économie amĂ©ricaine et la rĂ©alitĂ© de votre modèle Ă©conomique.

LLC société aux États-Unis : définition concrète et fonctionnement réel

Une LLC (Limited Liability Company) est une forme de société typiquement américaine qui mélange deux mondes : la protection patrimoniale d’une société de capitaux et la souplesse de gestion d’une entreprise individuelle ou d’une société de personnes. En pratique, la LLC crée une barrière juridique entre les dettes et litiges de l’entreprise et les biens personnels des associés. Maison, voiture, comptes personnels ne sont pas censés être saisis pour payer une dette professionnelle, sauf en cas de fraude ou de mélange volontaire des patrimoines.

La grande force de cette structure vient aussi de sa flexibilité fiscale. Par défaut, l’administration américaine la classe comme entité “transparente” : ce ne sont pas les profits de la société qui sont imposés, mais ceux de ses membres, dans leur propre déclaration. Une LLC avec un seul membre est généralement traitée comme une “disregarded entity”. Avec plusieurs associés, elle est assimilée à une partnership. Sur option, elle peut même choisir d’être imposée comme une corporation, si la stratégie l’exige. Cette capacité à adapter la fiscalité au projet fait partie des raisons pour lesquelles la LLC est devenue l’outil préféré des indépendants et petites structures internationales.

Autre point clé : aucun capital minimum n’est requis dans la plupart des États. Là où certains pays imposent un capital social plancher, la création d’une LLC peut démarrer avec un montant symbolique, tant que la structure reste cohérente avec la réalité du business (banque, partenaires et fisc n’apprécient pas les montages trop “vides”). Le formalisme est aussi allégé par rapport à une C-Corp : pas d’assemblées générales lourdement protocolaires, pas d’obligation de publier des comptes, et une gouvernance souvent fixée librement par un Operating Agreement interne.

Pour mieux visualiser, prenons le cas d’Amina, consultante marketing basée en France. Elle facture des clients en Europe et au Moyen-Orient, mais veut ouvrir un canal vers le marché américain, utiliser Stripe US et être payée en dollars. En créant une LLC dans un État comme le Wyoming, elle obtient un EIN, un compte bancaire professionnel en USD, et une structure crédible pour facturer des clients internationaux. Sa LLC reste administrable en ligne, sans déplacement, tout en lui offrant une séparation nette entre vie personnelle et activité professionnelle.

Le fonctionnement quotidien d’une LLC repose sur quelques piliers simples mais non négociables : un Registered Agent disponible dans l’État de création, un Operating Agreement qui définit les règles du jeu entre associés, une comptabilité propre, et une stricte séparation entre comptes personnels et comptes de la société. Ce n’est pas “de la paperasse en trop” : c’est ce qui fait la différence entre une protection solide et une structure qui ne tient pas devant un juge ou un contrôleur fiscal.

Avant de parler avantages fiscaux ou banques en ligne, il est donc essentiel de garder une idée en tête : une LLC société bien gérée, c’est d’abord une structure claire, cohérente et documentée. Le reste vient ensuite.

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Principales caractéristiques d’une LLC société américaine

Pour avoir une vue synthétique des points clés, il est utile de comparer la LLC aux autres formes de sociétés américaines comme la C-Corp ou l’entreprise individuelle. Le tableau suivant résume les éléments déterminants pour un entrepreneur non-résident.

Caractéristique LLC société C-Corp Entreprise individuelle (sole proprietorship)
Responsabilité des propriétaires Limitée aux apports, sauf fraude ou mélange des patrimoines Limitée, structure de société de capitaux classique Illimitée, risques sur le patrimoine personnel
Fiscalité par défaut Transparente (pass-through), profits imposés chez les membres Impôt sur les sociétés + impôt sur les dividendes (double niveau) Imposition directe au nom du propriétaire
Formalités de création Simples, peu de formalités statutaires Plus lourdes, exigences renforcées Très simples, mais sans séparation juridique
Pertinence pour non-résidents Très élevée pour freelances, e-commerce, SaaS Plutôt adaptée aux levées de fonds importantes Peu adaptée, surtout pour des activités à l’international
Coûts de gestion Modérés, variables selon l’État Plus élevés, notamment en conformité Faibles, mais sans crédibilité ni protection

Cette comparaison montre pourquoi, pour un entrepreneur francophone qui veut créer une société aux États-Unis sous forme de LLC, cette structure est souvent le meilleur compromis entre protection, souplesse et coûts supportables. L’essentiel est de ne pas la voir comme un gadget administratif, mais comme la colonne vertébrale d’un projet sérieux.

Pourquoi choisir une LLC société américaine quand on est non-résident

Pour un entrepreneur installé en France, au Maroc, en Suisse ou au Canada, la question n’est pas seulement “comment créer une LLC ?”, mais “est-ce vraiment pertinent pour mon modèle économique ?”. La LLC devient particulièrement intéressante quand l’activité vise un marché global, repose sur le digital, et nécessite des outils que les banques locales ou certains pays ne proposent pas facilement. L’accès à Stripe US, PayPal Business US, Amazon FBA ou Shopify Payments change le jeu pour un e-commerçant ou un créateur SaaS qui veut scaler sans friction.

Imaginez un vendeur de produits physiques qui utilise Amazon FBA aux États-Unis. Sans entité américaine, le parcours administratif devient complexe, parfois bloquant. Avec une LLC société structurée aux USA, il obtient un EIN, un compte bancaire en dollars, et coche les cases attendues par Amazon Seller Central. Résultat : un accès au plus grand marché e-commerce du monde, avec une structure professionnelle aux yeux des fournisseurs et partenaires logistiques.

La même logique s’applique aux freelances haut de gamme. Un développeur, un consultant en cybersécurité ou un expert en publicité en ligne qui facture en euros via une micro-entreprise peut se retrouver limité quand un client américain exige de travailler avec une entité US. Une LLC permet d’émettre des factures en dollars au nom d’une société américaine, tout en restant physiquement basé en Europe ou ailleurs. Sur le plan marketing, la différence entre “indépendant basé en Europe” et “LLC basée aux États-Unis” peut parfois suffire pour remporter un contrat.

Au-delà de l’image, un avantage majeur souvent mal compris tient à la fiscalité. Lorsque la LLC est détenue à 100 % par des non-résidents, sans clients ni présence matérielle aux USA, elle peut ne pas être imposable aux États-Unis sur ses bénéfices. Les profits remontent alors au pays de résidence fiscale du propriétaire, via le mécanisme de transparence. Cela ne veut pas dire “pas d’impôt du tout”, mais “imposition là où vous vivez vraiment”, en tenant compte de la convention fiscale France–États-Unis ou d’autres conventions bilatérales.

Cette configuration est particulièrement recherchée par les entrepreneurs du web : infopreneurs, créateurs de formations, services en ligne vendus à des clients en Europe, Afrique ou Asie. Une LLC peut alors servir de hub international, encaisser via Stripe US, dépenser en dollars, et reverser les bénéfices à son propriétaire, qui les déclare ensuite dans son pays. Le tout avec une structure reconnue par les plateformes et les banques, ce que n’offre pas toujours une simple activité individuelle locale.

Accès aux paiements et crédibilité : deux leviers décisifs

Deux catégories de bénéfices reviennent systématiquement dans les retours d’expérience des créateurs de LLC : les solutions de paiement et la crédibilité. Côté paiements, disposer d’un compte bancaire professionnel américain et d’un EIN permet d’ouvrir des comptes Stripe US, PayPal Business US, d’utiliser plus facilement des PSP (Payment Service Providers) américains, ou encore de se connecter à des marketplaces qui privilégient les entités locales.

Pour un business d’affiliation ou un SaaS qui facture en abonnement mensuel, cette fluidité est vitale. Les rejets de paiements diminuent, les délais de versement sont raccourcis, et la possibilité d’encaisser directement en dollars améliore la gestion de trésorerie. Associée à une LLC, une solution comme Mercury ou Relay offre un IBAN/compte US qui rassure les partenaires américains, et parfois même certains clients européens qui préfèrent payer une entité américaine pour des questions de confiance perçue.

Sur le plan de l’image, une adresse aux USA, un EIN et une structure enregistrée au Secretary of State créent instantanément un positionnement différent. Pour un prospect qui découvre un site web, la mention “LLC basée dans le Wyoming, États-Unis” n’a pas le même poids qu’un simple statut auto-entrepreneur dans un pays étranger. C’est particulièrement vrai dans les secteurs où la notion de sérieux et de pérennité compte : consulting B2B, logiciels, gestion d’actifs, prestations à forte valeur ajoutée.

Cette crédibilité facilite aussi les collaborations. Signer un contrat de partenariat, obtenir de meilleures conditions auprès d’un fournisseur logistique, ou négocier des budgets de publicité plus importants devient plus simple avec une structure US claire. En résumé : la LLC n’est pas une baguette magique, mais c’est un passeport business puissant si le modèle économique est solide.

Pour affiner cette réflexion, il est utile de lier la question de la structure juridique à celle du modèle économique. Avant de foncer sur une LLC, beaucoup gagnent à travailler leur idée de projet sur le marché américain, en s’appuyant sur des ressources dédiées aux idées de business réalistes aux États-Unis. La bonne structure ne compense jamais une mauvaise offre, mais elle peut démultiplier le potentiel d’un modèle rentable.

Choisir l’État de sa LLC société : Wyoming, Delaware, Nouveau-Mexique et les autres

Une fois la décision de créer une LLC prise, survient la question qui revient partout sur les forums : “Quel est le meilleur État pour ma LLC ?”. Beaucoup ont entendu parler du Delaware, d’autres ne jurent que par le Wyoming ou le Nouveau-Mexique. La vérité est simple : il n’existe pas un État “magique” valable pour tout le monde, mais des juridictions plus ou moins adaptées selon le profil, la taille du projet et les objectifs (levée de fonds, immobilier, e-commerce, consulting, etc.).

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Pour un entrepreneur non-résident qui n’a ni bureau ni salarié aux États-Unis, trois États sortent clairement du lot : Wyoming, Nouveau-Mexique et Delaware. Ils autorisent tous la création de LLC à distance, proposent des coûts raisonnables (sauf Delaware, un peu plus cher), et sont bien compris des banques et plateformes. La différence se joue ensuite sur trois axes : confidentialité, coûts récurrents, et réputation auprès des investisseurs.

Le Wyoming est souvent considéré comme le “sweet spot” pour un freelance, un e-commerçant ou une activité digitale. Les frais y sont modérés, la protection d’actifs est solide, et la confidentialité des membres est assez bien préservée. Le Nouveau-Mexique pousse la logique encore plus loin sur l’anonymat, avec une absence de franchise annuelle dans certains cas et des coûts très bas, mais une notoriété un peu moindre auprès des banques traditionnelles. Le Delaware, lui, reste la star des grandes entreprises et des startups visant des levées de fonds significatives, grâce à un droit des sociétés extrêmement documenté.

Pour illustrer, prenons Karim, qui lance un business d’e-commerce en print-on-demand. Il vend principalement en Europe mais veut utiliser Shopify et Stripe US. Dans son cas, une LLC au Wyoming ou au Nouveau-Mexique combinée à un compte Mercury répondra à tous ses besoins : coûts contenus, simplicité, confidentialité correcte, et parfait alignement avec les exigences des processeurs de paiement. À l’inverse, une startup qui prépare une levée de plusieurs millions auprès de fonds US aura souvent intérêt à structurer une C-Corp dans le Delaware, voire à combiner LLC et C-Corp selon les scénarios.

Éléments à comparer pour bien choisir l’État de sa LLC

Pour ne pas se laisser piéger par le marketing ou les effets de mode, il est utile de passer chaque État au crible de quelques critères très concrets :

  • CoĂ»t de crĂ©ation : frais initiaux versĂ©s au Secretary of State (entre 50 et 500 USD selon l’État).
  • CoĂ»t annuel : franchise, rapport annuel, Registered Agent, etc.
  • ConfidentialitĂ© : les noms des membres sont-ils publics ou non ?
  • Protection d’actifs : jurisprudence favorable en cas de litige, qualitĂ© du droit des sociĂ©tĂ©s.
  • Perception par les banques : reconnaissance par les banques traditionnelles et nĂ©obanques.
  • Objectif du projet : e-commerce, consulting, immobilier, levĂ©e de fonds…

Un investisseur immobilier qui prévoit d’acheter et gérer plusieurs biens aux États-Unis n’aura pas forcément la même priorité qu’un infopreneur. Dans certains cas, la localisation des biens immobiliers poussera naturellement à créer la LLC dans l’État où se trouvent les propriétés. Pour des placements plus modestes dans des produits financiers ou tax liens, une structure flexible dans le Wyoming ou le Nouveau-Mexique peut suffire, en complément de stratégies de petits investissements américains.

Au final, le choix de l’État doit être vu comme une décision stratégique, pas comme une simple question de “réduction de frais”. Une LLC mal positionnée peut générer des coûts cachés : difficultés bancaires, perception moyenne auprès des partenaires, ou obligations supplémentaires si l’activité se déploie ensuite dans un autre État. L’objectif est d’aligner la juridiction avec la nature du business et ses ambitions.

Ce travail de réflexion en amont évite un scénario trop fréquent : devoir dissoudre ou redomicilier une LLC au bout de 12 à 18 mois parce qu’elle ne correspond plus à la réalité de l’activité. Mieux vaut réfléchir une fois sérieusement que corriger deux fois dans l’urgence.

Étapes clés pour créer une LLC société aux USA : feuille de route opérationnelle

Créer une LLC n’est pas compliqué, mais le faire proprement, sans louper d’étape, demande de suivre une séquence claire. L’erreur, pour beaucoup, est de se focaliser uniquement sur le dépôt des statuts, en oubliant le reste : EIN, Operating Agreement, banque, obligations IRS. Une LLC qui existe sur le papier mais n’a pas d’EIN ni de compte bancaire pleinement opérationnel est, en pratique, inutilisable pour un business sérieux.

La première étape consiste à choisir le nom de la société et à vérifier sa disponibilité dans l’État ciblé. Cette recherche se fait en quelques minutes sur le site du Secretary of State. Il faut éviter les noms trop génériques, les marques déjà déposées, et, si possible, conserver une cohérence avec le domaine d’activité. Ensuite vient la désignation du Registered Agent, obligatoire dans chaque État. Ce prestataire local reçoit les courriers officiels, notifications de l’administration et éventuelles assignations judiciaires. Sans Registered Agent valide, la LLC peut être radiée.

Une fois ces éléments prêts, les Articles of Organization (ou Certificate of Formation selon l’État) sont déposés auprès du Secretary of State, moyennant des frais variables. Ce dépôt constitue “l’acte de naissance” de la LLC. Lorsque le document est approuvé, l’entreprise existe juridiquement. Mais à ce stade, elle n’a toujours pas de numéro fiscal fédéral. D’où l’étape suivante, cruciale : la demande d’EIN auprès de l’IRS.

Pour un non-résident sans SSN ni ITIN, l’obtention de l’EIN passe souvent par un formulaire papier (Form SS-4) ou par un intermédiaire habitué à traiter avec l’IRS. Ce numéro est indispensable pour ouvrir un compte bancaire professionnel, remplir les formulaires fiscaux annuels, ou encore intégrer des plateformes comme Stripe, PayPal, Amazon FBA. C’est aussi cet EIN qui permet de gérer correctement la transparence fiscale de la LLC, en lien avec la fiscalité du pays de résidence du propriétaire.

Operating Agreement, banque, conformité : les étapes souvent sous-estimées

Un point souvent oublié par les créateurs de LLC francophones est la rédaction de l’Operating Agreement. Officiellement, certains États ne l’exigent pas pour les LLC à associé unique. Dans la pratique, c’est un document essentiel pour prouver l’existence réelle de la structure, définir les règles de gouvernance, et clarifier la répartition des profits et des responsabilités. Les banques et certains partenaires peuvent aussi le demander pour vérifier qui a pouvoir de signature.

Vient ensuite l’ouverture du compte bancaire professionnel. Aujourd’hui, des solutions comme Mercury, Relay, Wise Business ou Airwallex permettent d’ouvrir un compte à distance pour une LLC américaine, à condition d’avoir une structure claire, un EIN, et des documents en règle. Dans certains cas, une banque traditionnelle peut encore être préférable (par exemple pour certains projets immobiliers ou besoins spécifiques), mais implique parfois un déplacement sur place. Le choix de la banque doit s’aligner avec la nature du business : e-commerce, prestations, immobilier, investissement.

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Dernier pilier de la feuille de route : la mise en place d’un cadre de conformité. Cela inclut un système de comptabilité même simplifié, un calendrier des échéances (rapport annuel d’État, renouvellement du Registered Agent, déclarations IRS), et une organisation claire des documents (statuts, EIN, Operating Agreement, extraits bancaires). Ce n’est pas “de l’administratif pour faire joli”, c’est ce qui protège contre les pénalités et prépare le terrain en cas de contrôle.

Pour se familiariser avec les enjeux fiscaux dès le départ, il est judicieux de parcourir des ressources dédiées aux impôts et taxes pour une LLC américaine ainsi qu’aux règles d’imposition des sociétés aux États-Unis. Comprendre ce cadre avant les premiers revenus évite de construire une activité sur des hypothèses fausses.

En résumé, la création d’une LLC n’est pas un sprint mais un petit processus structuré : nom, État, Registered Agent, statuts, EIN, Operating Agreement, banque, puis conformité. Celui qui suit ces étapes dans l’ordre part sur des bases solides.

Fiscalité d’une LLC société pour un entrepreneur français et erreurs à éviter

Aucun sujet n’alimente autant de mythes que la fiscalité des LLC. Entre les promesses de “0 % d’impôt” et la peur d’un double prélèvement France–USA, beaucoup d’entrepreneurs ne savent plus à quel discours se fier. La réalité est plus simple que les rumeurs, mais demande de bien distinguer plusieurs notions : transparence fiscale, origine des revenus (US source vs non-US source), statut ETBUS ou non-ETBUS, et conventions fiscales.

Par défaut, une LLC n’est pas imposée elle-même sur ses bénéfices au niveau fédéral. Ce sont ses membres qui sont taxés, selon leur propre statut et pays de résidence. Pour un non-résident qui ne mène pas une activité considérée comme “engaged in trade or business in the US”, il est possible qu’aucun impôt fédéral américain ne soit dû, même si la LLC a un EIN et un compte en dollars. Cette situation repose sur l’absence de clients américains, de présence matérielle (bureau, salarié) ou d’établissement stable aux États-Unis.

Les revenus sont alors imposés dans le pays de résidence fiscale du ou des propriétaires, avec la convention fiscale qui évite la double imposition (comme la convention France–États-Unis). Un consultant français qui facture des clients européens via une LLC au Wyoming déclarera donc ces revenus en France, même si l’argent transite par un compte américain. Ne pas le faire expose à un risque de redressement dans son pays, et non aux États-Unis.

À l’inverse, dès que la LLC facture des clients américains, opère des entrepôts FBA, ou embauche du personnel basé aux USA, la logique fiscale change. La société peut alors être considérée comme ETBUS (“engaged in trade or business in the US”) et devenir imposable sur ses profits aux États-Unis. Dans ce scénario, des déclarations plus lourdes et une éventuelle retenue à la source entrent en jeu. D’où l’importance de bien cadrer le type d’activité, le profil de la clientèle et l’implantation matérielle avant de dimensionner une stratégie fiscale.

Obligations déclaratives, FinCEN et pièges classiques

Un point que beaucoup de créateurs de LLC négligent est la dimension déclarative, indépendante du fait de payer ou non un impôt. Une LLC détenue par un non-résident doit déposer chaque année certains formulaires d’information auprès de l’IRS (comme le Form 5472, souvent accompagné d’un 1120, même si aucun impôt n’est dû). Le non-dépôt de ces formulaires peut entraîner des pénalités qui montent rapidement, parfois jusqu’à 25 000 USD, même si la société n’a généré aucun chiffre d’affaires.

À cela s’ajoute depuis 2024 l’obligation de déclaration BOI (Beneficial Ownership Information) auprès du FinCEN. Cette déclaration liste les bénéficiaires effectifs de la LLC et les personnes exerçant un contrôle substantiel. L’objectif officiel est de lutter contre le blanchiment et le financement illicite. Pour les entrepreneurs, cela signifie une chose : la LLC ne doit jamais être pensée comme un outil d’anonymat absolu. Elle offre une confidentialité relative dans certains États, mais les autorités américaines disposent désormais d’informations détaillées sur les propriétaires réels.

Les erreurs les plus coûteuses suivent toujours les mêmes schémas : croire que “pas de chiffre d’affaires, donc pas de déclaration”, utiliser la LLC pour facturer des clients américains sans accompagnement fiscal sérieux, oublier de déclarer les revenus dans son pays de résidence, ou mal séparer les flux personnels et professionnels. Chacune de ces erreurs peut faire perdre le bénéfice de la responsabilité limitée, déclencher un audit, ou se traduire par des amendes lourdes.

Dans le doute, il est préférable de s’appuyer sur des ressources spécialisées sur les avantages et limites d’une LLC aux États-Unis et, si besoin, de se faire accompagner par un professionnel qui maîtrise à la fois la fiscalité US et la fiscalité du pays de résidence. L’objectif n’est pas de chercher la faille, mais de bâtir une structure qui tient sur la durée, sans mauvaise surprise.

Le message clé à retenir est simple : la LLC permet une optimisation, pas une disparition de l’impôt. Celui qui confond les deux prend un risque inutile.

Une LLC société est-elle adaptée à tous les entrepreneurs francophones ?

Non. La LLC amĂ©ricaine est particulièrement pertinente pour les freelances, consultants, e-commerçants, crĂ©ateurs de SaaS ou investisseurs qui visent un marchĂ© international et ont besoin d’outils de paiement ou d’une prĂ©sence juridique aux États-Unis. Pour une activitĂ© purement locale en France, sans clientèle internationale, une structure française peut rester plus simple et suffisante. L’enjeu est d’aligner la LLC avec un projet rĂ©ellement tournĂ© vers l’international ou le marchĂ© US.

Combien coĂ»te en moyenne la crĂ©ation d’une LLC sociĂ©tĂ© aux USA ?

Les frais de dĂ©pĂ´t auprès de l’État varient gĂ©nĂ©ralement entre 50 et 500 USD selon la juridiction choisie. Ă€ cela s’ajoutent le coĂ»t du Registered Agent (souvent entre 100 et 300 USD par an), la rĂ©daction de l’Operating Agreement, et Ă©ventuellement l’accompagnement pour obtenir l’EIN ou gĂ©rer la partie fiscale. Globalement, pour une LLC fonctionnelle avec compte bancaire et documents en règle, il faut prĂ©voir un budget initial de quelques centaines de dollars, Ă  ajuster selon le niveau de service souhaitĂ©.

Puis-je gérer une LLC depuis la France sans me déplacer aux États-Unis ?

Oui. La grande majoritĂ© des non-rĂ©sidents crĂ©ent et gèrent leur LLC Ă  distance. La crĂ©ation, la dĂ©signation du Registered Agent, le dĂ©pĂ´t des statuts et l’obtention de l’EIN peuvent ĂŞtre rĂ©alisĂ©s en ligne ou par courrier. De nombreuses banques et nĂ©obanques amĂ©ricaines acceptent l’ouverture de comptes Ă  distance pour des LLC appartenant Ă  des non-rĂ©sidents, Ă  condition de fournir les documents requis et de prĂ©senter un projet cohĂ©rent.

Une LLC me permet-elle de ne payer aucun impĂ´t ?

Non. Dans certains cas, une LLC dĂ©tenue par des non-rĂ©sidents et sans revenus d’origine amĂ©ricaine peut ne pas ĂŞtre imposĂ©e aux États-Unis. Cependant, les bĂ©nĂ©fices restent Ă  dĂ©clarer dans le pays de rĂ©sidence fiscale du propriĂ©taire, en respectant la convention fiscale applicable. La LLC est donc un outil d’optimisation et de structuration, pas un moyen lĂ©gal d’Ă©viter toute imposition.

La LLC est-elle la meilleure option pour investir aux États-Unis ?

Pour de nombreux investisseurs individuels, la LLC est une structure très efficace, notamment en immobilier ou pour certains placements financiers, car elle combine responsabilitĂ© limitĂ©e et fiscalitĂ© transparente. Toutefois, selon le type d’investissement, le pays de rĂ©sidence et les montants engagĂ©s, d’autres structures (C-Corp, partnership, holding Ă©trangère) peuvent ĂŞtre plus pertinentes. Il est recommandĂ© d’Ă©tudier le projet dans son ensemble, idĂ©alement avec un spĂ©cialiste, avant d’arrĂŞter une structure unique.

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