La croissance amĂ©ricaine reste le moteur central de lâĂ©conomie mondiale, mais son rythme, ses ressorts et ses risques changent. Les prĂ©visions convergent autour dâune progression du PIB rĂ©el entre 2 % et 2,4 %, avec certains grands Ă©tablissements financiers qui parient dĂ©jĂ sur une accĂ©lĂ©ration vers 2,7 % Ă 3 %. DerriĂšre ces chiffres, il y a des dĂ©cisions politiques massives, comme le projet de paquet fiscal surnommĂ© One Big Beautiful Bill Act, et des dynamiques privĂ©es trĂšs concrĂštes : investissement productif, consommation des mĂ©nages, emploi, productivitĂ©. Pour un entrepreneur francophone qui regarde les Ătats-Unis comme un marchĂ©, un lieu dâinvestissement ou une plateforme de structuration (LLC, SaaS, services B2B), lâenjeu nâest pas de lire des prĂ©visions en lâair, mais dâidentifier les signaux Ă surveiller pour dĂ©cider.
Ce qui change aujourdâhui, câest la combinaison : une inflation qui reflue, une politique monĂ©taire qui se normalise lentement, et des mesures fiscales qui dopent Ă la fois le pouvoir dâachat et la capacitĂ© dâinvestissement des entreprises. Tout cela dans un contexte de tensions gĂ©opolitiques, de guerre commerciale latente et de recomposition industrielle mondiale. Les Ătats-Unis peuvent connaĂźtre un Ă©pisode de âsurchauffeâ ponctuelle, ou au contraire sâinstaller dans une croissance raisonnable mais durable. Pour un crĂ©ateur de sociĂ©tĂ©, un investisseur ou un freelance qui facture en dollars depuis lâEurope, la question devient trĂšs opĂ©rationnelle : quels indicateurs suivre chaque mois pour comprendre oĂč va le marchĂ© amĂ©ricain, et comment adapter sa stratĂ©gie sans se laisser piĂ©ger par le bruit mĂ©diatiqueâ?
- Croissance du PIB réel : consensus autour de 2 à 2,4 %, avec scénarios plus optimistes proches de 3 %.
- Politique fiscale : le One Big Beautiful Bill Act pourrait supprimer lâimpĂŽt fĂ©dĂ©ral sur les heures supplĂ©mentaires et les pourboires, tout en dopant les amortissements.
- Demande intĂ©rieure : consommation des mĂ©nages soutenue par lâemploi et des crĂ©dits dâimpĂŽt plus gĂ©nĂ©reux pour les familles.
- Investissement productif : extension de lâamortissement immĂ©diat Ă 100 % pour certains investissements, signal clĂ© pour lâindustrie et la tech.
- Opportunités business : services B2B, SaaS, e-commerce et niches industrielles profitent directement de cette dynamique.
Croissance Ă©conomique USA 2026 : tendances macro Ă comprendre avant dâagir
Avant de se lancer sur le marchĂ© amĂ©ricain, il est essentiel dâavoir une vision claire des grandes forces Ă lâĆuvre. Les organisations internationales estiment que lâactivitĂ© mondiale tournera autour de 3,2 % – 3,3 % dans les prochaines annĂ©es, avec un monde qui se stabilise aprĂšs le choc inflationniste. Dans ce paysage, les Ătats-Unis restent au-dessus de la moyenne, mais avec une trajectoire qui se normalise : environ 2 % en 2025, puis 1,7 % Ă 1,9 % dans les scĂ©narios prudents. La nouveautĂ© vient des rĂ©visions Ă la hausse pour 2026, plusieurs analystes ayant revu leurs modĂšles aprĂšs lâannonce des nouvelles mesures fiscales et budgĂ©taires.
Une donnĂ©e revient dans la plupart des rapports : la rĂ©silience de la demande amĂ©ricaine. Le ralentissement redoutĂ© en 2025 nâa pas dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© en rĂ©cession. La âslowflationâ â croissance molle + inflation tenace â a surtout servi de frein psychologique. En pratique, le marchĂ© du travail est restĂ© solide, le crĂ©dit nâa pas Ă©tĂ© brutalement coupĂ©, et les entreprises ont continuĂ© Ă investir, notamment dans lâautomatisation, le numĂ©rique et la transition Ă©nergĂ©tique. Câest cette base solide qui explique pourquoi la croissance attendue pour 2026 a Ă©tĂ© revue Ă 2,4 % par le FMI, contre une estimation prĂ©cĂ©dente de 2,1 %.
Les diffĂ©rences entre institutions sont rĂ©vĂ©latrices. Certaines Ă©tudes tablent sur une Ă©conomie amĂ©ricaine Ă âdeux vitessesâ : des secteurs high-tech, industriels et de services Ă forte valeur ajoutĂ©e qui avancent Ă plein rĂ©gime, et des zones plus traditionnelles (restauration, petits commerces, services locaux) qui progressent plus lentement. Pour un entrepreneur Ă©tranger, ce dĂ©calage nâest pas un problĂšme, câest une boussole. Il indique oĂč se trouvent les poches de croissance et oĂč la demande restera plus fragile.
Pour bien visualiser ces scénarios, il est utile de comparer quelques projections :
| Source / Scénario | Prévision PIB réel USA 2025 | Prévision PIB réel USA 2026 | Commentaire clé |
|---|---|---|---|
| Institutions internationales (baseline) | â 2,0 % | â 1,7 % Ă 1,9 % | Ralentissement vers le potentiel de long terme |
| FMI (mise Ă jour) | â 2,1 % | 2,4 % | RĂ©vision Ă la hausse grĂące Ă la demande intĂ©rieure |
| Grandes banques US (optimistes) | â 2,2 % | 2,7 % â 3,0 % | Impact jugĂ© trĂšs fort de la rĂ©forme fiscale |
Pour les projets de investissement aux Ătats-Unis, ce cadre change la donne. Ă 1,5 % de croissance, le pays reste intĂ©ressant, mais devient sĂ©lectif. Au-dessus de 2,5 %, avec une fiscalitĂ© plus douce sur certaines activitĂ©s, lâĂ©cosystĂšme ressemble davantage Ă une zone dâexpansion. Câest prĂ©cisĂ©ment dans ce type de configuration que les modĂšles SaaS, les services B2B et les structures internationales bien pensĂ©es (LLC, filiale, partenariat local) peuvent capter une croissance durable plutĂŽt quâun simple rebond cyclique.
La conclusion opĂ©rationnelle de cette premiĂšre partie est simple : les chiffres de PIB ne sont pas des abstractions, ce sont des paramĂštres de risque. Ils permettent de calibrer un rythme de dĂ©ploiement, un niveau dâendettement acceptable, ou encore la part de chiffre dâaffaires quâil est raisonnable de viser sur le marchĂ© US. Comprendre ces ordres de grandeur, câest la base avant mĂȘme de choisir un Ătat ou une structure juridique.

Politique fiscale amĂ©ricaine 2026 : le One Big Beautiful Bill Act sous lâangle business
Le cĆur des discussions Ă©conomiques aux Ătats-Unis tient aujourdâhui dans un texte : le One Big Beautiful Bill Act. Au-delĂ du nom, lâenjeu est clair : relancer lâĂ©conomie en combinant soutien au pouvoir dâachat et stimulation de lâinvestissement productif. Pour un observateur Ă©tranger, il faut regarder ce texte non pas comme un dĂ©bat politique, mais comme un futur cadre de jeu pour lâactivitĂ© rĂ©elle.
Le premier volet concerne les mĂ©nages. Le projet prĂ©voit la suppression de lâimpĂŽt fĂ©dĂ©ral sur les heures supplĂ©mentaires et les pourboires. ConcrĂštement, cela augmente directement le revenu net de millions de salariĂ©s, notamment dans lâhĂŽtellerie, la restauration et les services. Quand le net grimpe, les dĂ©penses suivent, surtout sur tout ce qui est consommation discrĂ©tionnaire : e-commerce, abonnements en ligne, services digitaux. Pour une entreprise qui vend un produit ou un service au dĂ©tail, ce nâest pas un dĂ©tail, câest un facteur de demande.
DeuxiĂšme volet, le crĂ©dit dâimpĂŽt pour enfants serait portĂ© Ă environ 2 200 dollars par enfant. LĂ encore, on parle de cash rĂ©el dans le budget des familles. Cela soutient les dĂ©penses rĂ©currentes : logement, Ă©ducation, santĂ©, mais aussi Ă©quipements, logiciels Ă©ducatifs, offres dâabonnement familial. Pour les modĂšles dâabonnement B2C et certains SaaS orientĂ©s Ă©ducation ou gestion familiale, ce type de mesure crĂ©e un environnement plus porteur.
Le troisiĂšme pilier est probablement le plus stratĂ©gique pour les entrepreneurs : lâextension illimitĂ©e de lâamortissement immĂ©diat Ă 100 % pour tous les investissements productifs
Imaginez une PME industrielle américaine qui hésite à moderniser sa ligne de production. Avec un amortissement classique, elle lisse sa dépense sur plusieurs années, ce qui pÚse sur ses comptes. Avec un amortissement à 100 % immédiat, le choc fiscal se transforme en avantage. Résultat : plus de commandes pour les équipementiers, les développeurs SaaS industriels, les intégrateurs de solutions cloud. Pour les fournisseurs étrangers, y compris francophones, cette mécanique peut ouvrir des contrats plus importants, signés plus vite, parce que le client final voit un retour fiscal rapide.
Pour un crĂ©ateur qui pense Ă structurer une activitĂ© autour de la rĂ©forme fiscale amĂ©ricaine, ce texte est un signal Ă dĂ©coder finement. Des cabinets de conseil, des services comptables, des outils logiciels dâoptimisation de lâinvestissement peuvent Ă©merger ou se renforcer. La clĂ© sera de rester dans les limites de la conformitĂ©, car lâIRS surveillera de prĂšs les abus potentiels. Le but nâest pas de vendre de la âmagie fiscaleâ, mais dâaider les entreprises Ă utiliser pleinement un dispositif lĂ©gal.
Le point Ă retenir est que, si ce paquet fiscal est adoptĂ© dans sa version ambitieuse, les Ătats-Unis peuvent connaĂźtre un Ă©pisode de croissance plus fort que prĂ©vu, alimentĂ© Ă la fois par la consommation et par lâinvestissement. Pour les entrepreneurs francophones, ce nâest pas une promesse de succĂšs automatique, mais un contexte oĂč un modĂšle solide et bien structurĂ© a davantage de chances de scaler.
Demande intĂ©rieure et emploi : les signaux concrets pour vendre aux Ătats-Unis
Pour juger si le marchĂ© amĂ©ricain reste porteur, les prĂ©visions de PIB ne suffisent pas. Il faut descendre dâun cran et regarder la demande intĂ©rieure : consommation des mĂ©nages, investissements des entreprises, dynamisme du marchĂ© du travail. Câest lĂ que se dĂ©cide, trĂšs concrĂštement, la capacitĂ© des clients Ă acheter un service, un logiciel, une prestation B2B.
Les Ătats-Unis gardent une caractĂ©ristique forte : une propension Ă consommer plus Ă©levĂ©e que dans la plupart des pays europĂ©ens. Quand le marchĂ© du travail tient, la consommation suit. Les derniĂšres projections suggĂšrent une croissance trimestrielle du PIB dâenviron +0,4 % Ă partir du deuxiĂšme trimestre, avec une moyenne annuelle autour de 1,9 % dans certains scĂ©narios prudents. MĂȘme dans ce cadre modĂ©rĂ©, les dĂ©penses des mĂ©nages restent soutenues par lâemploi et les transferts fiscaux.
Un signal Ă suivre de prĂšs est la progression des salaires rĂ©els. Si lâinflation recule plus vite que la hausse des salaires, le pouvoir dâachat rĂ©el augmente. Câest ce qui semble se dessiner : inflation en reflux, salaires qui continuent de progresser doucement. Pour les entreprises qui facturent en dollars, cela signifie un marchĂ© oĂč les hausses de prix raisonnables restent acceptables, surtout si la valeur perçue est claire.
Dans cet environnement, on peut prendre lâexemple dââAlpha Servicesâ, une sociĂ©tĂ© fictive de services B2B dirigĂ©e par un fondateur francophone. Elle vend des prestations de back-office Ă des PME amĂ©ricaines : support client, facturation, mise en place de CRM. Quand les indicateurs dâemploi sont bons et que les PME voient leurs carnets de commandes se remplir, elles externalisent plus facilement certaines fonctions. Alpha Services bĂ©nĂ©ficie alors dâun flux rĂ©gulier de nouveaux contrats, souvent Ă partir de recommandations. Ă lâinverse, si les signaux sur lâemploi se dĂ©gradent, les mĂȘmes PME serrent leurs coĂ»ts, prolongent les dĂ©lais de dĂ©cision et nĂ©gocient davantage. Pour ce type dâactivitĂ©, les statistiques mensuelles dâemplois non-agricoles et le taux de chĂŽmage deviennent donc des indicateurs Ă surveiller presque comme on regarde son relevĂ© bancaire.
La demande intĂ©rieure se lit aussi dans la structure des dĂ©penses. Les secteurs liĂ©s Ă la tech, au cloud, aux services numĂ©riques et aux abonnements B2B ont profitĂ© dâune transformation durable des usages depuis la pandĂ©mie. Beaucoup dâentreprises amĂ©ricaines ont intĂ©grĂ© le tĂ©lĂ©travail, la vente en ligne et lâautomatisation comme des standards. Cela crĂ©e un socle rĂ©current de demande pour le SaaS, les solutions dâanalytics, la cybersĂ©curitĂ©, la gestion de projet collaborative.
Pour un acteur francophone qui envisage de proposer des services B2B aux Ătats-Unis, lâimportant est de comprendre que la macro nâest pas quâun dĂ©cor. Un marchĂ© du travail tendu et des salaires en hausse signifient souvent que les entreprises cherchent Ă gagner en productivitĂ© et Ă rĂ©duire le temps perdu sur les tĂąches rĂ©pĂ©titives. Câest prĂ©cisĂ©ment ce que vendent les offres bien positionnĂ©es : du temps libĂ©rĂ©, de la simplicitĂ©, des coĂ»ts mieux maĂźtrisĂ©s.
En rĂ©sumĂ©, les signaux clĂ© Ă suivre cĂŽtĂ© demande intĂ©rieure sont clairs : emploi, salaires rĂ©els, confiance des mĂ©nages, niveau dâendettement. Ce sont eux qui dĂ©terminent, in fine, la profondeur du marchĂ© pour vos produits et services. Ignorer ces indicateurs, câest piloter un dĂ©veloppement aux Ătats-Unis sans tableau de bord.
Investissement, productivitĂ© et entreprises amĂ©ricaines : oĂč se cachent les meilleures opportunitĂ©s ?
Une partie de la croissance amĂ©ricaine Ă venir se jouera sur lâaxe le plus concret pour les entreprises : lâinvestissement productif et la productivitĂ©. Entre lâamortissement immĂ©diat Ă 100 %, les besoins de modernisation industrielle, lâIA, le cloud et la cybersĂ©curitĂ©, les Ătats-Unis entrent dans une phase oĂč les entreprises qui investissent intelligemment peuvent creuser un fossĂ© avec leurs concurrentes. Pour les partenaires Ă©trangers, cela ouvre des fenĂȘtres trĂšs spĂ©cifiques.
Les grandes Ă©tudes Ă©voquent un retour vers une croissance âproche du potentielâ autour de 1,9 %. Mais ce chiffre moyen masque une rĂ©alitĂ© : certaines entreprises Ă©voluent bien au-dessus de ce rythme. Les grosses entreprises amĂ©ricaines, notamment dans la tech, les services financiers, la logistique et la santĂ©, restent parmi les plus agressives du monde en matiĂšre dâinvestissement. Elles renouvellent leurs infrastructures, testent de nouveaux modĂšles (abonnements hybrides, services data, plateformes), et cherchent des partenaires capables de suivre le mouvement.
Pour sâorienter dans ce paysage, un entrepreneur francophone gagne Ă analyser plusieurs catĂ©gories :
- Les leaders sectoriels qui investissent massivement dans la R&D, lâIA, les data centers, lâautomatisation. Ils gĂ©nĂšrent des budgets importants pour des projets spĂ©cifiques, souvent confiĂ©s Ă des prestataires spĂ©cialisĂ©s.
- Les entreprises de taille intermĂ©diaire qui veulent rattraper leur retard numĂ©rique pour rester dans la course. Elles sont souvent plus accessibles quâun gĂ©ant du S&P 500 et plus rapides Ă dĂ©cider.
- Les jeunes pousses bien financĂ©es, concentrĂ©es sur la croissance, prĂȘtes Ă externaliser tout ce qui nâest pas leur cĆur produit.
La dynamique dâinvestissement ne se limite pas aux frontiĂšres amĂ©ricaines. De nombreuses firmes transnationales amĂ©ricaines rĂ©organisent leurs chaĂźnes de valeur pour intĂ©grer davantage de fournisseurs Ă lâinternational, tout en gardant un ancrage juridique et fiscal aux Ătats-Unis. Pour un prestataire français ou belge, cela peut se traduire par des contrats signĂ©s avec une entitĂ© US, mais avec une exĂ©cution partagĂ©e entre plusieurs pays. DâoĂč lâimportance dâavoir une structure juridique amĂ©ricaine claire, souvent via une LLC, ne serait-ce que pour faciliter les paiements et rassurer les clients.
Dans ce contexte, la productivitĂ© devient un mot-clĂ©. LâĂ©conomie amĂ©ricaine reste obsĂ©dĂ©e par la capacitĂ© Ă produire plus de valeur avec la mĂȘme quantitĂ© de travail. LâIA gĂ©nĂ©rative, les outils dâautomatisation des tĂąches back-office, la robotique, sont autant de leviers que les entreprises vont continuer Ă dĂ©ployer. Les acteurs qui apportent des solutions rĂ©ellement efficaces dans ces domaines sâinscrivent directement dans le cĆur de la croissance, pas dans sa pĂ©riphĂ©rie.
On retrouve ici lâexemple dâune entreprise imaginaire, âBeta Automationâ, basĂ©e en Europe, qui vend une solution SaaS dâoptimisation des flux logistiques. En se structurant correctement sur le plan juridique et fiscal aux Ătats-Unis, et en ciblant des clients industriels de taille moyenne, elle peut profiter Ă la fois du contexte fiscal favorable Ă lâinvestissement et du besoin pressant de rĂ©duire les coĂ»ts opĂ©rationnels. Sa croissance nâest pas un miracle, mais le rĂ©sultat dâun positionnement en plein sur lâaxe productivitĂ©.
En clair, les signaux Ă surveiller pour repĂ©rer les meilleures opportunitĂ©s ne sont pas seulement macroĂ©conomiques. Il faut suivre les budgets dâinvestissement des entreprises, les annonces dâimplantations dâusines, les plans de modernisation logistique, et les mouvements de consolidation sectorielle. Câest lĂ que se fabriquent les prochains appels dâoffres et les besoins en solutions externes.
Croissance amĂ©ricaine et modĂšles dâaffaires francophones : comment se positionner en 2026
Face Ă cette croissance amĂ©ricaine en mutation, la vraie question pour un entrepreneur francophone est simple : quel modĂšle dâaffaires a le plus de sens Ă court et moyen termeâ? Les prĂ©visions Ă©conomiques et les rĂ©formes fiscales ne servent Ă rien si elles ne dĂ©bouchent pas sur des dĂ©cisions concrĂštes : choisir un modĂšle, une structure, un rythme de dĂ©ploiement.
Plusieurs pistes se dĂ©gagent. Le modĂšle SaaS orientĂ© marchĂ© amĂ©ricain reste particuliĂšrement adaptĂ©, car il capitalise sur une demande rĂ©currente, une facturation en dollars et une scalabilitĂ© forte. Les signaux macro Ă©voquĂ©s plus haut (investissement productif, obsession de la productivitĂ©, digitalisation) jouent en faveur de ce type dâoffre. Un crĂ©ateur qui veut lancer un SaaS sur le marchĂ© amĂ©ricain doit cependant intĂ©grer rapidement les contraintes locales : attentes de support, horaires, conformitĂ©, gestion des donnĂ©es.
Les services B2B haut de gamme, spĂ©cialisĂ©s (finance, juridique, compliance, marketing de performance, data) profitent Ă©galement de la dynamique actuelle. Plus les entreprises amĂ©ricaines se concentrent sur leur cĆur de mĂ©tier, plus elles cherchent des partenaires fiables pour tout le reste. Le marchĂ© est exigeant, mais il rĂ©compense les structures claires, les process rodĂ©s et la capacitĂ© Ă livrer sans promesses exagĂ©rĂ©es. Une croissance du PIB autour ou au-dessus de 2 % avec un marchĂ© du travail solide, câest exactement le type dâenvironnement oĂč ce modĂšle prospĂšre.
La question de la structure juridique ne doit pas ĂȘtre mise de cĂŽtĂ©. Beaucoup dâentrepreneurs francophones dĂ©couvrent les Ătats-Unis par les forums, via des promesses dâinstallation Ă©clair au Delaware. La rĂ©alitĂ© est plus nuancĂ©e. Il existe une diffĂ©rence nette entre un montage bricolĂ© et une LLC correctement pensĂ©e, reliĂ©e Ă une activitĂ© rĂ©elle, avec une comptabilitĂ© suivie. Pour ceux qui veulent approfondir cet aspect, des ressources dĂ©taillent comment tirer parti dâune LLC comme structure juridique sans tomber dans les piĂšges les plus courants.
Un point souvent sous-estimĂ© est le rythme. Dans un contexte oĂč la croissance peut osciller entre un scĂ©nario âproche du potentielâ et un scĂ©nario âaccĂ©lĂ©ration vers 3 %â, la prudence consiste Ă calibrer son dĂ©ploiement : tester sur un Ătat ou un segment de clientĂšle, valider le pricing, roder lâonboarding, puis scaler. La macro donne le dĂ©cor gĂ©nĂ©ral, mais la traction rĂ©elle se mesure sur des indicateurs micro : taux de conversion, coĂ»t dâacquisition, rĂ©tention, recommandation. Ce sont ces chiffres qui disent si lâon est vraiment alignĂ© avec la rĂ©alitĂ© du marchĂ© amĂ©ricain.
Pour finir, il est utile de garder une rĂšgle simple en tĂȘte : la croissance amĂ©ricaine nâest ni un totem ni une garantie. Câest un environnement. Ceux qui en profitent le mieux ne sont pas ceux qui rĂȘvent le plus grand, mais ceux qui structurent correctement leur business, lisent les bons signaux et avancent Ă©tape par Ă©tape. La croissance Ă©conomique USA 2026 offre un terrain intĂ©ressant, Ă condition de le traiter comme un projet sĂ©rieux, pas comme un dĂ©cor de carte postale.
Quels sont les principaux moteurs de la croissance américaine en 2026 ?
Les principaux moteurs identifiĂ©s sont une demande intĂ©rieure rĂ©siliente (consommation soutenue par lâemploi et les salaires rĂ©els), une politique fiscale potentiellement trĂšs stimulante via le One Big Beautiful Bill Act, et une vague dâinvestissements productifs encouragĂ©s par lâamortissement immĂ©diat Ă 100 % de certains investissements. Ă cela sâajoutent la digitalisation, lâIA et lâautomatisation qui tirent la productivitĂ© vers le haut dans de nombreux secteurs.
Comment un entrepreneur francophone peut-il profiter de cette croissance ?
Un entrepreneur francophone peut profiter de cette dynamique en ciblant des modĂšles Ă forte valeur ajoutĂ©e comme le SaaS, les services B2B spĂ©cialisĂ©s ou les solutions dâoptimisation de coĂ»ts et de productivitĂ©. Lâessentiel est de comprendre les signaux macro (emploi, salaires, investissement) pour choisir son segment de marchĂ©, et de mettre en place une structure amĂ©ricaine claire (souvent via une LLC) pour simplifier la relation avec les clients US. Une approche test-and-scale reste la plus adaptĂ©e : commencer petit, valider, puis accĂ©lĂ©rer.
Le One Big Beautiful Bill Act est-il déjà un fait acquis ?
Au moment oĂč ces lignes sont rĂ©digĂ©es, le One Big Beautiful Bill Act est un projet de rĂ©forme fiscale ambitieux discutĂ© Ă Washington. Son adoption finale, son calendrier et ses modalitĂ©s prĂ©cises peuvent Ă©voluer. Cependant, les grandes lignes (allĂšgement sur les heures supplĂ©mentaires et les pourboires, crĂ©dit dâimpĂŽt pour enfants renforcĂ©, amortissement immĂ©diat des investissements productifs) orientent dĂ©jĂ les anticipations des entreprises et des Ă©conomistes. Il est donc pertinent dâen suivre lâavancĂ©e pour adapter ses scĂ©narios de dĂ©veloppement.
Quels indicateurs suivre pour piloter un projet orienté marché US ?
Les indicateurs les plus utiles sont la croissance trimestrielle du PIB rĂ©el, les crĂ©ations dâemplois et le taux de chĂŽmage, lâĂ©volution des salaires rĂ©els, la confiance des mĂ©nages, ainsi que les donnĂ©es sur lâinvestissement des entreprises. Sur le terrain, il est aussi important de surveiller les budgets IT et capex des secteurs cibles, les annonces dâimplantations industrielles et les signaux envoyĂ©s par les grandes banques et institutions (rĂ©visions de prĂ©visions de croissance).
Faut-il attendre que la croissance soit au plus haut pour se lancer aux Ătats-Unis ?
Attendre le âmoment parfaitâ est souvent une erreur. La plupart des projets sĂ©rieux se construisent dans des phases de normalisation plutĂŽt que dans les pics. Lâimportant est dâentrer sur le marchĂ© avec un modĂšle solide, une comprĂ©hension claire de son client cible et une structure conforme. Une croissance autour de 2 % Ă 2,4 % avec des rĂ©formes pro-investissement peut offrir un cadre trĂšs favorable, mĂȘme si la presse parle moins de âboomâ que lors des pĂ©riodes dâeuphorie.


